TA VIE, TON ENTREPRISE

Ta vie, ton entreprise

Ta vie est ta véritable entreprise. C’est une vérité que tu dois intégrer.

« La recherche de la sécurité s’oppose à toute entreprise noble et grandiose »
Tacitius, Historien Romain

Ils te diront tous de rêver, et d’y croire, comme si cela allait de soi. La vie ne s’en fout pas mal de ce que tu dois ressentir, dois avoir ou être. Je te dis aujourd’hui que le meilleur actif sur lequel tu dois investir prioritairement est ta propre vie. Quoi ? tu la cherches de tes yeux. Ta vie c’est toi-même.

J’ai été touché par l’histoire d’Arnaud, un grand cadre financier qui a gravi les échelons professionnels. Je te laisse découvrir l’histoire d’Arnaud. En le rencontrant, il exposait sa vie avec tant de délicatesse. Mais, retiens d’entrée de jeu que ta meilleure entreprise est ta propre vie.  

L’homme qui consacra sa vie à un employeur ou une autre entreprise.

Arnaud, était le plus brillant de ses écoles fréquentées. Dès son obtention du master finances, il était recruté comme cadre dans une banque de la capitale. Tout se promettait bien à ses yeux, une carrière de roi : recruter à 25 ans, cadre, comment ne pas avoir foi à devenir Top manager dans un temps record.

Son salaire lui plaisait et il y mettait toute son énergie dans le travail, de la volonté et surtout de la créativité, sans compter le sacrifice de sa vie privée au profit de son employeur. On lui rappelait à chaque fois, la performance, la création de la valeur, et lui, enrichi de toutes les théories d’écoles, il comprenait aisément et s’en sortait très bien. Son salaire mensuellement permanent, son CDI en poche, il pouvait se permettre un petit crédit de consommation sur 5 ans pour une voiture et autres artifices de vie à acquérir.

« Le temps passe vite, et puis le salaire finira par augmenter » se répétait-il incessamment.

Oui, il avait raison, le salaire devrait finir par augmenter, sur base de la convention professionnelle qui donnait 2% d’augmentation de salaire de base chaque année. Et du côté de son top management, les promesses ne manquaient pas pour retenir son attention et sa consécration à l’entreprise.

« Tu as un bel avenir dans l’entreprise, tu es jeune et nous comptons sur toi » ainsi ses managers caressaient son égo.

A deux ans de remboursement de dette, son salaire était maintenant à 65% de son total. Comme les projets ne manquent jamais dans la tête du génie, il s’offre le luxe d’un prêt en interne. « Demain sera meilleur » se disait-il. Oui demain n’a pas tardé d’être meilleur pour lui. On lui annonça sa promotion au poste de responsable de son département. Il sabla le champagne avec ses proches, dans l’espoir de voir son salaire doublé.

L’énergie initiale était revenue, il recommençait à croire au changement et à l’évolution. Il ne vivait plus que de 30% de son salaire pour faire face aux dures réalités de la vie. Comme le temps jaloux de nos présents ne peut s’arrêter, l’éternité finit toujours à se présenter à nous !

Et la fin du mois s’invita à son plateau, le salaire de responsable qui paraissait important sur le bulletin, devenait insignifiant au regard des charges sociales auxquelles il devrait faire face. Arnaud, est pris à son piège ou dans le piège du monde capitaliste. La routine s’installa, jusqu’à sa retraite. Arnaud a fini cadre vivant de découvert en découvert sans réel projet réussi : pas de maison finalisée. Le plus regret qu’il porte est le décès de sa mère suite au manque de 100.000 FCFA pour la sauver d’une urgence médicale. Le cadre en était incapable car criblé de dettes vis-à-vis de divers créanciers.

Aujourd’hui, il réussit bien son rôle d’oiseau critique de mauvais augure.

Ce que Arnaud regrette aussi tant, ce sont des opportunités de formation qu’il refusait de peur de perdre ses avantages maigres du mois que lui donnait son employeur, se mettre à son compte de peur que tout aurait été difficile, de démissionner pour l’ailleurs de peur de manquer à la promesse de ses Top managers. Pour avoir vécu toutes ces peurs, Arnaud se refusait le jeu de l’évolution de la vie.

A son histoire, je lui disais –pour rire- « Vieux Arnaud, tu étais trop brillant si bien que tu as cru que la vie serait aussi brillante pour toi ! » Brillant élève, Arnaud n’a jamais percuté que le compte promesse n’existait pas dans la comptabilité. Que la peur ruine sans récompenser dans le temps sinon que par regret.

Une vie consacrée à une entreprise est une folie. Il est temps que nous puissions inverser la tendance, mettre nos entrepris au service de la vie. A l’histoire d’Arnaud, je retiens que la vie entreprise pour laquelle nous devons nous sacrifier en premier est notre propre vie. Si chacun se mettait dans son couloir de grâce, la Terre serait le meilleur des paradis.

Pourquoi ne pas vivre le rêve de nos vies ? Pourquoi ne pas vivre juste pour nos vies ?

Les gens vous diront qu’il suffit juste de rêver. Sacrilège ! rien dans ce monde ne va de soi. Ceux qui réussissent blanchissent les nuits, sacrifient certains plaisirs immédiats au profit de la douleur génératrice de succès et de bonheur. J’ai vite appris que la vie est un choix, et le meilleur choix est de consacrer votre vie à votre vie, de sacrifier votre vie pour votre vie. Le monde a ses dures réalités pour nous faire grandir. Et il faut accepter assez toute situation d’inconfort dans laquelle le monde nous traîne, car la sécurité n’est pas synonyme d’exploit.

« LYMM, tu parles comme si nous étions libres de le faire. Nous travaillons comme des fous dans nos entreprises ou nous nous cherchons financièrement et comment oser se consacrer à sa vie ».

Ma réponse est simple : « quand vous faites le choix de vous consacrer pour le rêve des autres, vous faites le choix de doubler la douleur. Si vous vous permettez de vous fatiguer pour les projets de vie des autres, pourquoi ne pas aussi vous fatiguer pour vos propres projets. Tous, nous sommes liés à l’externe, mais quand je travaille pour mon employeur le jour, le soir je me mets à mon compte pour mon projet de vie ».

Ne confondez pas votre utilité à votre nécessité. Vous êtes peut-être utiles pour vos entreprises, mais vous êtes nécessaires ou incontournables pour vos vies !

2 comments

  1. Merci bien pour l’article. D’aucuns disent que nul n’est indispensable au boulot. Aujourd’hui tu peux être adulé par ton employeur et demain tu peux te faire licencier sans état d’âme. Ce qui nous reste en dehors de notre rôle dans la vie des autres, est le rôle que nous jouons dans notre propre vie. soyons plus qu’indispensable dans notre propre vie et nous nous accomplirons réellement.

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