A la jeunesse africaine

lettre à la jeunesse africaine

Afrique, mon Afrique, où est passée la jouvence de ton engagement ? Toi qui as toujours bercé en ton sein la verdure des âges ! Afrique, mon Afrique, où est passée ta (la) jeunesse !

Juste avant-hier, j’ai partagé sur mes pages twitter et Facebook un post sur la ministre des finances d’Angola. Elle a maintenant 36 ans. Mon commentaire était assez ironique. Et, je me permets d’y revenir après le recul pris. J’avoue que j’avais posté hâtivement, et très vite la conscience d’autosuggestion m’a rattrapé pour m’interroger sur les deux principes de la pensée claire.

En ce seizième jour de mon confinement challenge, j’ai voulu marqué ce premier de la seconde moitié par un message fort à la jeunesse après mon dernier coup de gueule

Les deux principes de la pensée claire qui m’ont vite rattrapé.

J’ai appris du maître Napoléon Hill qu’une pensée claire doit respecter deux principes. Et je tiens à les partager avec les jeunes africains :

« La pensée claire comporte deux principes de base que tous ceux qui veulent l’appliquer doivent respecter : vous devez séparer les faits des simples informations […] Vous devez séparer les faits en deux catégories : les faits importants et les faits futiles ou les faits pertinents et les faits impertinents. » dans Les Lois du Succès, version intégrale.

Ces principes me sont revenus pour réévaluer mon post. Le partage de la ministre des finances d’Angola est pertinent à mes yeux dans la mesure qu’il permet de revendiquer une place que la jeunesse doit occuper dans le corpus de la gouvernance de nos communautés. La peur de copier ne colle que ceux qui ne veulent pas avancer dans la vie. Alors, à la lumière de ce post, je m’interroge : quelle place la jeunesse africaine devrait occuper à tous les niveaux de la gestion de développement de notre continent ?

La mise en contexte avant de répondre à la question susmentionnée.

Elle s’appelle Vera Esperança dos Santos Daves de Sousa, actuelle ministre des finances d’Angola depuis le 8 octobre 2019. Elle déclare à sa nomination :

« Il a fallu du courage au président pour prendre cette décision. Je me sens responsable de m’assurer qu’avec mes performances je garde la porte ouverte à plus de femmes et de jouer le rôle de leader inspirante ».

D’entrée de jeu, je souligne des mots forts pour cerner la personnalité qui s’y cache. Elle parle de la responsabilité, performances, de l’ouverture et du rôle de leader inspirant à jouer. Ces mots ont une vibration énorme venant d’une jeune et surtout d’une femme.

Elle est consciente que seule la responsabilité peut élever une personne, peu importe son âge. Il faut être prêt à assumer les conséquences de ses actes. Ensuite, vient le mot « performance », parce que la promotion à des postes de responsabilité ne doit pas se limiter à remplir le CV, bien au contraire c’est pour créer de résultats, dépasser les attentes de la hiérarchie. Après, s’élever fait peser sur nos épaules le devoir d’inspirer les autres. Pour ce faire, il faut bien rester accessible et prendre l’engagement envers soi-même pour impacter sa communauté.

La jeunesse et la revendication légitime :

Suite à mon post, j’ai eu le plaisir habituel d’échanger avec un frère, un leader qui a mon estime, Jyer Steve MAGNONDO sur la responsabilisation des jeunes en Afrique. Nos points de vues convergeaient bonnement pour affirmer en substance que la revendication de la responsabilisation des jeunes ne doit pas se fonder sur l’acte de naissance. Il faut de la compétence tangible pour être responsabilisé.

 « Née à Lunda, Vera Daves est décrite comme une technicienne très compétente. Elle est diplômée en économie de l’université catholique d’Angola et a suivi plusieurs formations dans les domaines de la finance, de la gestion et du leadership : cours de techniques et pratiques bancaires, cours de marché obligataire et des produits dérivés, cours de leadership et cours de gestion du temps. »

Le parcours pour son âge en dit long de son engagement et de sa responsabilité. La responsabilité est le sens de savoir compter sur soi-même pour avancer dans les domaines précis de la vie. Pas de besoin d’attendre que l’Etat définisse un plan de formation ou de croissance pour nous. Ce sont nos compétences qui doivent nous aider à nous élever. Mais, la compétence ne se décrète pas, elle s’exprime.

La jeunesse et la revendication stratégique.

« En 2011 (âgé de 27 ans), alors qu’elle était encore directrice de la recherche d’une banque locale, elle était régulièrement invitée à la télévision pour discuter des marchés financiers et de l’économie du deuxième plus grand producteur de brut d’Afrique. Elle coécrit des livres sur la finance et s’est également démarquée en tant que commentatrice économique dans divers médias. C’est ainsi qu’elle a attiré l’attention d’Archer Mangueira, président de la commission des marchés de capitaux. »

Voici ce que j’appelle « l’audace de s’assumer ». Au lieu de passer son temps à la critique non documentée sur les réseaux sociaux, les jeunes devraient exprimer dignement leurs compétences. Si la télévision a ses portes fermées, nous pouvons user des réseaux sociaux ou blog pour rédiger des articles structurés ou poster des vidéos à contenu de valeur pour contribuer au développement de notre continent. Quand l’ambition est claire, on finit toujours par se donner les moyens d’y arriver.  

La jeunesse et la vieille classe.    

« De 2014 à 2016, elle était directrice exécutive du CMC, un organisme affecté au ministère des finances de l’Angola, qui a comme mission régulière de superviser, surveiller et promouvoir les marchés de valeurs Mobilières, des produits dérivés, ainsi que les activités impliquant tous les agents qui y participent, directement ou indirectement. »

Bel exemple du suivi du chemin de l’excellence de R. Greene (l’un de mes inspirateurs). Il faut être un élève obéissant pour espérer devenir un dirigeant digne. La génération spontanée des dirigeants n’existe pas. Tous ceux qui arrivent au sommet, ont un passé de lutte vertigineuse. Mais, il faut lutter sur les traces des mentors. Verra a marché sur les traces d’Archer Mangueira pour finir par le remplacer en 2016 à la tête de la commission. Ensuite, elle est nommée secrétaire d’Etat au Trésor, par son ancien patron qui était élevé au rang de ministre des finances. Et suivant ses traces, là voici depuis 2019, ministre des finances.

Pour les jeunes qui revendiquent nuits et jours le pouvoir des vieux comme s’il était ainsi même dans le monde du divin, il est temps de savoir que « le pouvoir s’arrache par l’effort et le mérite ». Jyer Steve MAGNONDO m’a partagé un conte narré par son père qui m’a fort édifié, je vous reprends le conte comme écrit sur ma messagerie Whatsapp :

« On raconte que dans un village, les jeunes en avaient marre du vieux roi, ils ont donc demandé à avoir un jeune roi. Le vieux roi s’est retiré avec tous ses amis vieux et les jeunes ont intronisé leur roi. Pour marquer sa royauté, ils ont pris la peau de panthère et fait porter au roi sans savoir que la peau devrait être séchée avant de la porter. Cette peau a séché sur leur roi, ils étaient obligés de faire recours aux vieillards (l’expérience). »

Il a continué « mon père me l’a raconté pour me motiver à rechercher premièrement l’expérience avant les titres et les honneurs, et à avoir un profond respect pour les vieillards. Les anciens ont toujours l’expérience acquises au fil des temps et à ce n’est pas facile à acquérir, et ils ont toujours des secrets qu’eux seuls détiennent ».

Je crois en la jeunesse africaine, parce qu’en avril 2019 à l’Union Africaine, lors du Forum Panafricain de la Jeunesse, je l’ai côtoyée. J’ai vu des jeunes aux origines pauvres se donner les moyens d’être détenteurs des MBA des prestigieuses écoles de Royaume Uni. J’ai vu le courage d’une jeunesse se donnant des moyens pour soutenir l’Afrique qui se redresse.

Je sais que nous sommes la jeunesse, mais nous ne sommes pas une maladie nécessitant assistance. Il est temps que chacun dans sa spécialité apporte à l’Afrique son énergie la plus originale. Et, je ne finirai pas cette adresse sans indexer nos frères qui, faite de spécialité, se ruent vers la politique croyant gagner du pain facilement. Si nous aimons notre cher continent il est temps de nous former et d’apporter notre ingéniosité et non nos plaintes ou critiques infondées.

Afrique, mon Afrique, où est passée la jouvence de ton engagement ? Toi qui as toujours bercé en ton sein la verdure des âges ! Afrique, mon Afrique, où est passée ta jeunesse !

Source des citations de Vera Daves: Africanshapers

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